Mékong «Du cinéma en images fixes»

Mékong, c'est de la grande aventure dans le plus pur style du cinéma hollywoodien des années 50

  Mekong
BRUXELLES Mékong, Indochine, jonques, pirates et tout cela à la fin du 19e siècle sur fond de conquête française, autant d'éléments qui fleurent bon l'aventure avec un grand A. Celle qui a inondé l'imaginaire collectif bercé par le cinéma hollywoodien des années 40-50.

«Si en lisant Mékong les gens ressentent ça alors c'est que c'est réussi», indique d'emblée Jean-Claude Bartoll le scénariste de cette nouvelle série parue chez Dargaud et qui se veut d'emblée ambitieuse. «J'ai prévu trois cycles de quatre tomes. Une première époque se passe à la fin du 19e siècle, ensuite, on retrouvera le héros, Alan Thomas dans les années 20 et enfin dans les années 40 à l'époque où le gouvernement de Vichy, on le sait peu, avait mis la main sur l'Indochine», raconte l'auteur dont on perçoit, quand il parle de l'Indochine, la passion qui l'anime.

«L'Indochine, c'est un peu le far-west des Français. Elle a un aspect mythique pour eux et moi c'est une partie du monde et une période qui me plaît particulièrement».

Et incontestablement, ça se sent. Le travail de Bartoll que les amateurs ont déjà pu apprécier dans la série Insiders qui traite des grands conflits actuels est ici encore une fois remarquable. Celui qui avoue avoir été inspiré par le film La Canonnière du Yang-Tsé avec Steve McQueen pour mettre sur pied Mékong a fait un admirable travail de recherche et de documentation. Un vieux réflexe qu'il doit à son passé de journaliste, grand reporter aux quatre coins du monde.

«Le risque était de tomber dans de l'historique pur et dur ce que je ne voulais absolument pas. Mékong, c'est une saga familiale où l'aventure prime sur la réalité historique. Mais je tiens quand même à ce que les éléments historiques soient fidèles à la réalité. Mékong doit être récréatif. Pour moi, la BD c'est du cinéma en images fixes et comme pour le cinéma, il faut y passer un bon moment. Si en plus on peut y apporter un petit côté informatif c'est encore mieux».

Plonger dans les aventures d'Alan Thomas, le héros imaginé par Bartoll et mis en images par Coyère, c'est se téléporter dans un univers enivrant. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'histoire commence par une bagarre dans une fumerie d'Opium. Alan Thomas est confronté à des pirates, un mystérieux trafiquant d'armes semble tirer les ficelles en coulisses, un enfant caché surgit d'une mystérieuse cité, même si cet album a toutes les apparences d'une mise en place, on plonge tête baissée dans cette aventure aux couleurs chatoyantes.

Bartoll-Coyère : Mékong, t.1, Or rouge, Ed. Dargaud.
  

Source : Michaël Kaibeck - La Dernière Heure 2006