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Le papa de Bob Morane : "Ils ont changé mon Bob !" (08/04/2017)

Pendant 60 ans, il a façonné le héros de BD. Aujourd’hui, Henri Vernes, 98 ans, regrette le traitement réservé à son Bob Morane. Rencontre

Henri Vernes ne mâche pas ses mots quand il parle de ses anciens éditeurs (Ananké, Lombard) qui ont dénaturé le héros sans peur et sans reproche qu’il a sculpté sur une période de 60 ans. À bientôt 99 ans, le père de Bob Morane a toujours un franc-parler percutant.

Bob Morane, c’est deux cents titres, plus de 40 millions d’exemplaires et des traductions diverses et variées dans le monde, dont le russe, l’arabe, le finnois et le japonais. Sans oublier naturellement un grand nombre de bandes dessinées. Dont les plus cultes sont signées Attanasio, Forton et Vance. En 2010, à 92 ans ans bien tapés tout de même, le père de l’aventurier magnifié par le groupe Indochine a vendu ses droits d’auteur à la société Bob Morane inc., conservant toutefois ses droits moraux. C’est cette disposition qui lui permet désormais de manifester colère et déception. "Ce n’est pas ça Bob Morane", regrette Henri Vernes.


Tout d’abord, comment allez-vous Henri Vernes ?

"Pour mon âge, je vais bien. J’ai quelques petits problèmes pour marcher. Un pas à la fois. Je souffre toujours d’un accident au ménisque que j’ai fait en plongée sous-marine il y a plusieurs années en France. Une jambe qui fonctionne mal, la gauche si vous voulez tout savoir. Des problèmes aux yeux aussi, normal à mon âge, une vieille voiture reste toujours une vieille voiture."

Quand je vous ai appelé pour cet entretien, la météo étant très agréable, je vous avais dit d’en profiter. Ce à quoi vous m’aviez répliqué "J’ai autre chose à faire"…
"Oui car je continue à travailler. J’ai publié récemment un livre sur Jean Ray (La pierre d’Alun édition, 2016), j’ai écrit la première partie de mes Mémoires (Jourdan, 2012). Là, je travaille sur la seconde partie. Je raconte l’histoire de Bob Morane ainsi que mes souvenirs de voyages. Ce que je n’ai pas pu faire dans la première partie sinon l’ouvrage aurait fait mille pages. Je suis en train d’écrire un nouveau Bob Morane, Les bandits d’Ananké mais je ne sais pas qui va le publier, je n’ai plus d’éditeur."

Aujourd’hui, vous dites clairement que vous regrettez d’avoir cédé vos droits d’auteurs…
"Je croyais vraiment qu’ils allaient en faire quelque chose mais le résultat me déçoit énormément, je suis très en colère. L’éditeur Ananké, chargé de la publication des nouveaux romans, fait mal son travail. De plus, il me doit de l’argent, environ 45.000 euros ! Sans compter le reste car je n’ai pas accès aux vrais chiffres de vente. L’affaire est en justice. Pour leur défense, ils disent que les affaires vont mal. En vérité, je n’ai pas beaucoup d’espoir de récupérer grand-chose. Chaque année, la société se déclare en faillite virtuelle."

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Casterman veut éditer un nouveau Tintin (11/01/2017)

« J’ai un rêve : éditer Tintin et le Thermozéro »

Aujourd’hui, « Tintin au pays des Soviets », version colorisée, est enfin en vente dans toutes les bonnes librairies du royaume. Sur les premiers 300.000 exemplaires sortis de l’imprimerie de Luçon (la version normale) et d’Anvers (la version de luxe), 60.000 ont été commandés par la Fnac, nous apprend Benoît Mouchart, directeur éditorial chez Casterman. Ce Français rêve d’éditer le livre inachevé de Hergé, « Tintin et le Thermozéro ».

Benoît Mouchart, Casterman attend beaucoup de la sortie aujourd’hui de la version colorisée de « Tintin au pays des Soviets ». Où sont passés les 300.000 exemplaires édités ?
Entre 60 et 70.000 exemplaires sont partis pour la Belgique. La version normale a été imprimée à Luçon, en Vendée. Par l’imprimerie Pollina. Les 50.000 exemplaires de la version de luxe sont sortis d’une imprimerie anversoise. La France est le pays où il y aura le plus d’exemplaires mis en vente. Ce qui est normal, vu la population qui est plus nombreuse. Mais, proportionnellement, la Belgique est en tête. Cette version sort aussi en Suisse, au Québec et dans d’autres pays où on parle le français. La Fnac est le partenaire qui a commandé le plus d’exemplaires : 60.000 !

Il n’existe que deux versions : en français et en néerlandais. Et les autres langues ?
Nous sommes en discussions pour la sortie en anglais. C’est une question de marketing à régler. Mais d’autres pays sont intéressés: l’Allemagne, l’Espagne…

Et la… Russie ? Comment est perçu « Tintin au pays des Soviets » au pays de Poutine ?
Une traduction est en cours en russe pour la version en noir et blanc. Vous savez, les gens sont contents en général de voir qu’un héros de bande dessinée se rend dans leur pays. C’est le cas de « Tintin au Congo » avec les Congolais. Ce livre est bien perçu par les Congolais. Tintin est allé en Suisse, au Maroc, au Moyen-Orient et même en Chine, pays où les ventes de Tintin cartonnent. Chaque année, làbas, on vend 1 million d’exemplaires des histoires de Tintin. Ce n’est pas rien. Par contre, il n’existe pas de version chinoise de Tintin chez les Soviets.

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L’Espadon… tout s’explique (12/12/2014)

Énorme travail d’écriture pour cet opus qui se place en genèse de l’oeuvre de Jacobs

Cette fin d’année rime définitivement avec reprises et best-sellers. Le bâton de Plutarque, dernière livraison des aventures de Blake et Mortimer, s’inscrit parfaitement dans cette veine. Pour cette nouvelle coopération entre Yves Sente et André Juillard, les deux hommes ont placé la barre très haut en remontant à la source des héros. Un opus qui ravira les experts du monde jacobsien sans heurter les lecteurs occasionnels. Cet album est d’abord une vraie aventure qui conserve tous les codes établis par Jacobs. Lecteurs occasionnels, vous qui n’avez qu’une petite demi-heure pour déguster ces 64 pages, passez votre chemin.

Blake & Mortimer  
Un Blake et Mortimer ne se consomme pas comme une BD traditionnelle. Il se mérite. Depuis que des couples successifs se sont attelés à la tâche sur l’oeuvre d’Edgar P. Jacobs, ils se sont tous insérés dans les petits –ou plus grands– blancs laissés par le maître. Cette fois, Yves Sente, le scénariste, s’est offert le luxe de se positionner avant le premier tome des aventures qui se situe immédiatement après la Seconde Guerre mondiale. “Tout est parti d’une visite dans le QG londonien occupé par Churchill. Un endroit remarquable où tout est resté en l’état. Près de 10.000 personnes travaillaient dans cet énorme bunker. C’est là que travaillaient tous les chercheurs qui devaient décrypter les messages secrets des Allemands”, explique le scénariste.

Mais comment parler de cet endroit – et donc de la guerre – tout en s’inscrivant dans la cohérence d’une saga qui commençait après la fin de ce conflit ? “J’ai relu Le secret de l’Espadon, le premier tome de Jacobs, et j’ai remarqué qu’il y avait de la place pour un récit qui pouvait apporter certains éclairages sur certains personnages. Chez Jacobs, on voit ainsi que Blake et Mortimer se connaissent dès les premières cases. On découvre aussi qu’Olrik ne leur est pas étranger. Partant de ce constat, j’ai imaginé comment ils avaient pu se rencontrer. En plus, je savais, depuis son Mezek, qu’André se sentait à l’aise pour dessiner les avions. Je pouvais donc commencer par un grand combat aérien qui mettait directement en scène Blake.” Et c’est vrai que cet opus démarre sur les chapeaux de roue. Francis Blake démontre tout son talent de pilote et son goût pour l’aventure. Une entrée en matière qui n’aurait pas déplu à Jacobs. Le bâton de Plutarque, qui devrait encore connaître un énorme succès de librairie (on tourne sur 500.000 exemplaires), se laisse croquer comme une grande aventure d’espionnage.

C'est passionnant de bout en bout et les lecteurs un peu attentifs ou qui connaissent quelques éléments de la bibliographie de Jacobs peuvent s’amuser à trouver les clins d’oeil qui parsèment les pages. Bravo Messieurs.

Source : Hubert Leclercq

Sente – Juillard/Jacobs : Blake et Mortimer, Le bâton de Plutarque, Éd. Dargaud.

Van Hamme raconte les 30 ans de XIII avec un scoop sur Judith et Jessica (22/11/2014)

Anniversaire du plus grand aventurier belge que la bande-dessinée ait compté

  XIII
En 1984, les Belges Jean Van Hamme et William Vance échafaudaient la série de bande dessinée XIII. Vendredi, à Paris, dans le quartier de la Bastille, le héros aux 14 millions d’albums vendus a fêté ses trente de suspense avec son scénariste, Jean Van Hamme. Un sondage effectué en France par le très sérieux institut IFOP crédite le personnage d’un taux de 74 % de « notoriété positive ».

Quand il avait bouclé le premier épisode de XIII, Le jour du Soleil noir, Jean Van Hamme n’aurait jamais rêvé d’un tel plébiscite : «  Je voulais croire au succès sans trop savoir pourquoi, a déclaré l’auteur devant une salle de lecteurs toute à sa dévotion. Je crois que la réussite exceptionnelle du personnage tient à la proximité qui s’est installée avec les lecteurs. La série est devenue un jeu entre ses créateurs et ses lecteurs. A chaque nouvel album, les lecteurs se demandaient quelles grosses ficelles nous allions encore sortir de notre poche. Et comme nous connaissions cette attente, je me disais qu’il fallait que je préfère la ficelle verte à la rouge ou à la bleue ou, au contraire, puisqu’ils nous connaissaient très bien, que je prenne finalement quand même la bleue à laquelle ils pensaient que j’aurais renoncé par avance… À tout cela, il faut ajouter le talent graphique de William Vance. Moi j’étais « Mister Nobody », à l’époque. Lui, il avait déjà une vraie carrière… Le premier tome s’est vendu à 18.000 exemplaires en français et 15.000 en flamand. On a commencé modestement. Ensuite, on a accepté le succès avec humilité.  »

XIII a réinventé la BD d’action. Sa mèche de cheveux blancs trahissait un accident de mémoire provoqué par une balle dans la tête. Avec son mystérieux chiffre XIII tatoué sur la clavicule gauche, il s’est imposé comme l’amnésique le plus célèbre du 9e Art. Traqué par la National Security Agency, l’aventurier a la mort aux trousses. A-t-il assassiné le Président des États-Unis ? Quel est son rôle dans la « Conspiration des XX » ? Est-il un descendant caché des « Pilgrims », les fondateurs de la Nation américaine ? Il a fini par retrouver son identité mais pas la mémoire. En cherchant à connaître son passé, XIII ne cesse de révéler au monde la part d’ombre de l’histoire contemporaine des États-Unis.

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XIII : la fin d'un mythe (13/11/2007)

Les deux derniers tomes de la saga dévoilent aujourd'hui la véritable identité du héros de Vance et Van Hamme

XIII  
BRUXELLES C'est en 1984 que l'histoire de la bande dessinée a connu un véritable tournant. Cette année-là, Jean Van Hamme et William Vance donnaient vie à XIII. Un personnage qui non seulement a marqué toute une génération d'amateurs de bande dessinée mais qui a surtout fait découvrir la BD dite adulte au grand public.

Prenant comme point de départ l'assassinat d'un président des Etats-Unis, la saga imaginée par Van Hamme a mené son héros de charybde et Scylla avec pour ultime objectif la découverte de sa véritable identité perdue dans les limbes de son amnésie.

Cette fois ça y est. Après de nombreux tomes où le lecteur a peut-être eu un peu l'impression de se perdre dans de tortueuses digressions bien éloignées de l'action et du fond de l'histoire, ce sont non pas un mais deux albums qui livrent enfin toute la vérité sur le passé et l'identité de celui qui s'est tour à tour appelé Jason Fly, Kelly Brian, El Cascador, Steve Rowland, Jack Shelton, Alan Smith, Ross Tanner, Jed Olsen, John Flemming, Jason Mac Lane, Hugh Mitchell, Karl Meredith, Reginald Wesson, Seamus O'Neil ou encore Jason Mullway.

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Boule & Bill orphelins

Jean Roba, le créateur de "Boule et Bill" et de "La Ribambelle", est décédé à l'âge de 75 ans. C'est Franquin, le père de Gaston Lagaffe, qui lui avait appris les ficelles du métier.

Boule & Bill

 

Les éditions Dargaud ont annoncé le décès de Roba dans un communiqué, ce mercredi. Le dessinateur était né le 28 juillet 1930 à Bruxelles mais avait avant tout la passion des espaces aérés loin des sites urbains massifs.

Dès son plus jeune âge, Roba aimait dessiner et c'est à l'âge de 16 ans qu'il débuta dans la publicité. Dès 1952, après son service militaire, il entre dans un studio de publicité où il dessine des "réclames" diverses.

Cinq ans plus tard, Franquin incite Roba à quitter le monde publicitaire et le fait entrer chez Dupuis en 1957. Il commence sa carrière de dessinateur par de petites illustrations et réalise des histoires complètes de "Tiou le Petit Sioux".

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Jean Roba, un géant de la BD, s'en est allé (15/06/2006)

L’auteur a fait rire et rêver des millions de lecteurs de tous les âges

BRUXELLES Jean Roba, le papa de Boule et Bill, s’est éteint. Une phrase banale mais terrible de sens pour des millions de lecteurs de tous âges qui ont passé des heures penchés sur les gags des aventures de ce coquin de cocker et de son petit copain poil de carotte. Jean Roba, sa mèche blanche, ses yeux perçants et sa barbichette étincelante s’en est allé sur la pointe des pieds. En toute discrétion. Comme il a toujours vécu. En effet, malgré les vingt-cinq millions d’exemplaires vendus en un peu plus de quarante ans, Jean Roba avait su conserver une simplicité et une gentillesse exemplaires. Chaque rendez-vous avec cet homme était un moment de pur bonheur. Roba, avec sa voix de stentor, pouvait aborder tous les sujets de conversation avec un sens des réalités et une dose d’humanité fabuleux.

Au début de ce nouveau millénaire, quand était sorti le dernier opus de Boule et Bill estampillé Jean Roba (Les quatre saisons), l’homme avait pris sa décision. Les héros lui survivraient mais, lui, jetait l’éponge pour des raisons de santé. Cinq années avaient été nécessaires pour concocter cet opus qui racontait, une fois de plus, les bêtises commises par Bill le cocker et Boule le petit rouquin. “Ce qui est fou avec mes petits personnages, c’est que des millions de jeunes lecteurs ont suivi leurs péripéties pendant des années et que le passe-temps favori de Boule et de Bill c’est quand même de commettre de bêtises dans le jardin, de jouer, de s’amuser et de rentrer dans le salon pour faire d’autres gaffes. Avouez qu’il y a pire comme emploi du temps !”, s’amusait-il tout en reconnaissant qu’il n’était pas, mais alors pas du tout, insensible à cette séparation.

“Que voulez-vous, mes mains, mes seuls outils de travail, ne suivent plus”, lançait-il en montrant ses doigts qui arboraient les stigmates des innombrables heures passées devant sa table de dessin. La voix se faisait alors plus fluette. Et l’homme, pudique, préférait parler de sa volonté de voir ces petits bonshommes continuer à fasciner les jeunes générations à venir. “Évidemment que Boule et Bill sont mes personnages, mes enfants, mais, depuis le temps qu’ils donnent rendez-vous régulièrement aux lecteurs, je me dis que je n’ai pas le droit de les faire disparaître parce que je ne suis plus vraiment capable physiquement de réaliser les gags. Certains ont fait le choix inverse, moi je préfère désigner, même si cela peut paraître quelque peu prétentieux, mon successeur. C’est une chance réelle. Je sais que je les laisse entre de bonnes mains, celles de Laurent Verron. Ils nous amuseront encore !”


Hubert Leclercq 

Roba : un tout grand bonhomme !

Jean Roba, dessinateur du bonheur, revendiquait sa naïveté et l'innocence de ses personnages.

Attention, enfants admis !

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Mékong «Du cinéma en images fixes»

Mékong, c'est de la grande aventure dans le plus pur style du cinéma hollywoodien des années 50

  Mekong
BRUXELLES Mékong, Indochine, jonques, pirates et tout cela à la fin du 19e siècle sur fond de conquête française, autant d'éléments qui fleurent bon l'aventure avec un grand A. Celle qui a inondé l'imaginaire collectif bercé par le cinéma hollywoodien des années 40-50.

«Si en lisant Mékong les gens ressentent ça alors c'est que c'est réussi», indique d'emblée Jean-Claude Bartoll le scénariste de cette nouvelle série parue chez Dargaud et qui se veut d'emblée ambitieuse. «J'ai prévu trois cycles de quatre tomes. Une première époque se passe à la fin du 19e siècle, ensuite, on retrouvera le héros, Alan Thomas dans les années 20 et enfin dans les années 40 à l'époque où le gouvernement de Vichy, on le sait peu, avait mis la main sur l'Indochine», raconte l'auteur dont on perçoit, quand il parle de l'Indochine, la passion qui l'anime.

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